• Le Bûcher Un lieu de l'activisme sacré

Nourrir la réciprocité


Une des traditions dans lesquelles est né le bûcher est celle des Q'eros, chamanes des Andes au Pérou. Et un des principes fondateurs des pratiques des q'eros est l'ayni qui peut être traduit par "les relations justes". Ça revient à notre bon vieux "donner & recevoir" mais ça prend une forme plus profonde en s'attachant à démanteler les racines de la dynamique coloniale. On s'explique: nos sociétés sont infestées par la dynamique est du colon blanc: je veux, je prends. Si j'aime bien, alors c'est à moi. Donc tout est à moi et je ne vois pas où est le mal. Malheureusement on grossit à peine le trait. Et si c'est toujours plutôt facile de se moquer de ceux qui auraient juste été de vagues ancêtres, là où le bas blesse, c'est qu'en fait, on n'a jamais vraiment cessé de se comporter comme des pilleurs dans leur bon droit. On aime une tradition, une idée, un concept, et on l'importe sans jamais s'interroger sur celles et ceux qui l'ont nourri, protégé et développé à travers les siècles. On s'interroge rarement sur une quelconque réversion ou sur notre légitimité. C'est une des questions fondamentales dans les pratiques spirituelles et de développement personnel, avec l'hyper usage de pratiques venant de traditions qui ne sont pas celles de nos ancêtres et de notre terre. Vous avez un petit bouddha en bronze sur votre table de chevet, vous adorez les déesses hindoues et vous dites "Namaste" à la fin d'un rituel le dimanche avec vos amis?


On ne vous jettera pas la pierre, on navigue en plein dans ce monde. Mais l'idée de l'ayni est de s'assurer que l'on est en relation juste avec ces traditions. Est-ce qu'on les nomme? Comment est-ce qu'on les honore? Est ce qu'on leur reverse une partie de l'argent qu'on se fait grâce à elles pour contribuer à leur subsistance? Est ce que l'on va donner de notre temps dans ces communautés? Est ce qu'on prend du temps pour vraiment écouter ces sagesses, même une fois que l'on a ce dont on a besoin?





Il n'y a pas une manière d'être en relation juste et de nourrir cette réciprocité mais c'est essentiel d'ouvrir les yeux sur nos comportements pour s'engager dans un travail de décolonisation individuel et collectif. Ce mois-ci, c'est le thème que nous explorerons au bûcher. Et sans transition, c'est aussi le mois où on peut enfin se retrouver en personne pour notre retraite et faire l'expérience directe de tous ces principes et pratiques!! Elle a lieu du 18 au 21 mars proche de Fontainebleau, et c'est l'occasion de se retrouver en communauté pour bouger, explorer, pratiquer des rituels et cérémonies, faire émerger et ancrer l'Activiste Sacré.e qui est en vous.

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