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Alors qu'on négocie la sortie de l'adolescence collective avec grâce

Dernière mise à jour : sept. 16

La vie s'écoulait dans une forme d'ignorance relativement bienheureuse. Nous, sociétés occidentales, vivions comme des adolescents, prenant nos responsabilités quand ça nous arrange, les laissant aux autorités (politiques, médicales, etc) plus souvent qu'à notre tour, ce qui nous donnait au moins l'opportunité de nous adonner à une de nos activités préférées, tels des êtres en pleine puberté : nous plaindre. On ne pensait pas en prenant le métro qu'on avait un impact sur la mère de notre voisine de gauche qu'elle verrait le week-end suivant. On ne réfléchissait pas quand on commandait des objets en ligne que l'on pouvait mettre en danger un livreur mal équipé par son entreprise. On pensait qu'on maitrisait le futur et notre sécurité venait d'une forme de contrôle, de notre agenda, de nos ressources et autres. On vivait avec un certain nombre de voiles d'illusion, et ma foi, c'est bien humain.


Et puis une crise sanitaire que je ne vous présente plus nous a soudainement renvoyé.e.s à l'état d'enfant, nous privant de libertés, de déplacement, de vision à long terme et j'en passe. On a appris que la Vie rigolait bien de nos planifications et que tout pouvait basculer en un instant. Pour celles et ceux d'entre nous qui sommes confinés, c'est frustrant/ long/ désespérant/ _____ choisissez votre qualificatif, mais ça nous a ramené aussi à une forme de confort de la matrice utérine, bien au chaud à la maison, à se baffrer de cookies en toute sécurité.

Et demain.



Et demain, on ne pourra plus ignorer que l'on fait partie d'un tout et que toutes nos actions ont des conséquences qui dépasse le spectre même de notre pensée. Quand on se lance dans cette pensée, c'est un tourbillon sans fin qui donne envie de se recroqueviller en boule dans un coin et de fermer les yeux jusqu'à ce que ce soit fini. On va se retrouver devant une myriade de choix - des endroits où on va, des personnes que l'on côtoie, des mesures que l'on prend, et elles auront toutes un impact sur le reste du monde.


Evidemment, on peut toujours choisir l'ignorance ou le déni pour éviter de se fader la charge mentale et l'angoisse que cela représente. Mais quitte à être passé dans la crise, autant aller jusqu'au bout et ... devenir adulte.

Alors oui, c'est un stretch important pour notre système nerveux d'être face à tant de responsabilités et ça va nous demander beaucoup de patience, de compassion, de pratiques qui nous ancrent pour nous éviter de tomber dans un rouleau de panique. Et puis de prendre un pas à la fois. Respirer. D'apprendre. Et trouver l'endroit où on se réjouit de grandir tous ensemble pour devenir une société adulte.


Prenez bien soin de vous et votre système nerveux

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